Depuis que j’héberge les sites de mes clients sur ma propre infrastructure, une question revenait régulièrement : « Et les stats de mon site, c’est quoi ? » La réponse par défaut était Google Analytics. Pratique, gratuit, universel – et problématique à plusieurs titres. J’ai décidé de changer ça.
Pourquoi pas Google Analytics
Google Analytics est gratuit parce que les données de vos visiteurs sont le produit. En l’installant sur le site d’un client, on transfère des données comportementales vers les serveurs de Google – aux États-Unis, hors du cadre RGPD européen. Le bandeau de consentement est obligatoire. Les données ne vous appartiennent pas vraiment.
Pour un freelance qui héberge lui-même les projets de ses clients et fait de la protection des données un argument, c’est incohérent. J’avais besoin d’une alternative.
Le choix : Umami
Umami est une alternative open source à Google Analytics, légère et auto-hébergeable. Ce qui a motivé le choix :
- Pas de cookies – Umami ne dépose aucun cookie sur les appareils des visiteurs. Pas de bandeau de consentement requis.
- Pas de données personnelles collectées – pas d’adresse IP stockée, pas de fingerprinting, conformité RGPD native.
- Données sur mon serveur – en Europe, sans transfert vers des tiers, sans dépendance à un service externe.
- Interface claire – pages vues, visiteurs uniques, sources de trafic, durée de session, appareils. L’essentiel, sans le bruit.
Ce qui a été mis en place
Une instance Umami déployée sur le serveur de production, dans l’infrastructure Docker + Traefik existante. Accès HTTPS sécurisé, base de données PostgreSQL dédiée et isolée, pipeline CI/CD GitLab avec staging et production automatisés – même stack que le reste de l’infra.
Un seul déploiement centralise le tracking de tous les projets : chaque site client a son propre tableau de bord indépendant, accessible depuis une interface unique. Je peux donner un accès direct au client sur son espace – sans qu’il voie les données des autres.
Ce que ça change pour les clients
Concrètement, ce que je peux désormais proposer à chaque projet hébergé :
- Des statistiques en temps réel sans Google, sans cookies, sans bandeau
- Des données qui restent sur le serveur européen dédié au projet
- Une conformité RGPD native – rien à configurer, rien à justifier
- Un tableau de bord simple, lisible, transmissible au client
C’est une valeur ajoutée directe de l’hébergement – pas un plugin à installer, pas un compte tiers à créer, pas de conditions générales d’une plateforme américaine à accepter.
Pourquoi l’auto-hébergement est une vraie valeur en 2026
On parle beaucoup de souveraineté numérique depuis quelques années. Dans la pratique, ça se traduit par des choix concrets : où tournent les données, qui y a accès, sous quelle juridiction.
Héberger soi-même son analytics, c’est une décision technique mineure. Mais elle dit quelque chose sur la façon dont on traite les données de ses clients – et c’est un argument de plus en plus audible auprès des associations, collectivités et structures à impact que j’accompagne.
Google Analytics reste dominant. Mais « c’est gratuit et tout le monde l’utilise » n’est plus une justification suffisante quand l’alternative tient en un déploiement Docker et une heure de configuration.
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